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Recycler son propre papier au bureau

Il y a 1 année

Invité récemment du Symposium PTS (Institut allemand du papier)  sur les papiers cartons, Barak Yekutiely, cofondateur de la société Reepcycling, a présenté la technologie capable de recycler les papiers de bureau in-situ.

Il faut un certain aplomb pour venir présenter à une assemblée de papetiers… une solution économisatrice de papier. C’est pourtant l’ambition de Reepcycling, une jeune pousse israélienne qui affirme aujourd’hui maîtriser la technologie, mise au point en partenariat avec le PTS et brevetée (référence W0/2014/128708). L’idée de recycler directement au bureau les papiers imprimés n’est pas nouvelle. Plusieurs procédés sont en cours de tests. Ils font appel à la photo-oxydation, à la dégradation photo-thermique ou encore à l’UV-photo-oxydation. Epson par exemple a développé un prototype, le PaperLab, qui retraite entièrement les feuilles imprimées pour fabriquer des feuilles blanches vierges. Mais cette machine, comme celle développée par Pellenc en France pour les centres de tri, présente l’inconvénient d’être très encombrante. L’équipement conçu par Reepcycling est au contraire compact, plus mince qu’un photocopieur de bureau et peut se déplacer entre les bureaux. Le principe ? Sur un papier préalablement traité en surface, une technologie laser propriétaire vient évaporer l’encre sans altérer le substrat papier.

A partir de cette technologie, la société a développé un concept d’utilisation assez poussé : l’utilisateur fait scanner ses papiers à recycler pour sécuriser l’information (disponible dans le cloud) avant de les insérer dans le module de recyclage. « La seule vraie limitation concerne les feuilles de papier façonnées », admet Barak Yekutiely, l’un de ses cofondateurs. Mais selon lui, le fait d’agrafer ou de perforer des feuilles signifie d’emblée que vous les destiniez au classement et à l’archivage. Il subsiste aussi des doutes sur la capacité de cette machine à retraiter des feuilles de papier pliées ou froissées, ce qui est plus fâcheux s’agissant de récupérer des papiers mis à la corbeille.

Qu’à cela ne tienne, la technologie séduit. La jeune pousse a déjà reçu un label d’excellence de la Commission européenne et son projet a fait l’objet d’une publication par la Fondation Ellen Macarthur, car il symboliserait ce que peut être une économie circulaire à l’ère numérique. Un tel système supprimerait de fait de nombreuses étapes du traitement, les broyeurs de documents, la collecte et le tri du papier n’ayant plus de raison d’être, en tout cas pour ces papiers de bureau.

Cette machine peut recycler jusqu’à vingt fois une même feuille de papier et est compatible avec les photocopieurs du marché. Reepcycling annonce qu’il est déjà en discussions avancées avec HCL Technologies, un groupe indien spécialisé dans les technologies de l’information et les services aux entreprises. Quant au papier, il peut être produit sur une machine à papier standard mais puisqu’il nécessite une formule de couchage particulière, la startup entend référencer elle-même ses fournisseurs papetiers. Si le pari est réussi, elle contribuerait à réduire de façon drastique la production de papiers pour impression et écriture. Un support papier, ré imprimable vingt fois, y gagnera-t-il pour autant sur le plan de l’image auprès du grand public ?